Accueil » Actu Fédé » Questions aux candidats des régionales sur le FCR et le football en Normandie

Questions aux candidats des régionales sur le FCR et le football en Normandie

Nous avons interrogé les 3 principaux candidats à la présidence de la nouvelle région Normandie.

Nous précisons que le but n’est pas d’orienter vos votes mais de profiter de la période électorale pour tenter de comprendre la vision de chacun de ces décideurs politiques (ils seront à minima conseillers régionaux à l’issue des éléctions) sur l’avenir du football en Normandie et à Rouen.

Nos questions apparaissent en gras.


 

Nicolas Mayer Rossignol (PS)

Comment jugez-vous la santé du football en Normandie ?

La santé du football normand est, dans sa globalité, très satisfaisante. Avec plus de 110 000 licenciés, pratiquants et dirigeants, arbitres et techniciens, et plus de 900 clubs, le football est une pratique sportive bien enracinée en Normandie. Région moyenne en termes de taille, la Normandie sera au 1er janvier 2016 une grande Région de football.

Sur le plan de la performance sportive, nous avons aujourd’hui deux équipes évoluant au niveau professionnel, Caen en Ligue 1 et le Havre en Ligue 2, qui sont de véritables ambassadeurs pour les amoureux du football, sur le plan régional et national. Au niveau amateur, la Normandie dispose également d’équipes phares, à l’image des équipes féminines de Rouen et de Condé-sur-Noireau (en 2ème division), d’Avranches en National (3ème division), Dieppe et Quevilly Rouen Métropole en CFA (4ème niveau national), St-Lô, Evreux, Oissel en CFA 2 (5ème niveau)… Et plusieurs de nos équipes de jeunes évoluent au niveau national en U 17 et U19.

De nombreux footballeurs professionnels ont été formés en Normandie. Il faut s’en féliciter collectivement et le faire savoir.

Cette bonne santé en termes de licenciés, de formation et de performance sportive résulte notamment des solides partenariats engagés depuis des années par les Régions Haute et Basse-Normandie avec les clubs sportifs, pour l’achat de matériel (sportif et de transport), pour l’organisation de tournois, ou encore pour le financement des frais de déplacement (pour les équipes évoluant au niveau national)… Les Régions soutiennent également les 2 ligues régionales et leurs actions, partout sur le territoire normand, de formation (dirigeants, arbitres et bénévoles), de développement (football féminin, football handicap, actions citoyennes, labellisation des clubs), d’animation sportive (rassemblement des équipes de ligues par âge, détection, animations de quartiers…), et d’équipement (acquisition de matériel moderne…).

Quelles sont selon vous les actions que la Région pourrait mettre en œuvre pour améliorer la santé du football normand ?

Tout d’abord, il est indispensable de maintenir les investissements de la Région en direction de la formation des jeunes footballeurs et des bénévoles, les deux piliers de cette discipline. La rénovation et la modernisation des stades de football est indispensable ; nous poursuivrons les efforts entrepris en ce sens en lien avec les collectivités partenaires. Enfin, nous devons conserver le soutien aux clubs pour le développement de leurs activités quotidiennes. Au regard du contexte actuel, je proposerai demain des accompagnements nouveaux concernant les actions citoyennes des clubs. Toutes les générations de passionnés du football et au-delà sont en effet attachés à nos valeurs communes de partage et de respect. Le sport, véritable Ecole de la vie, est un levier indispensable au mieux vivre ensemble.

Que pensez-vous de la situation particulière du football à Rouen ?

Le FCR, fondé en 1899, est un club historique en Normandie, à l’instar du HAC (en 1872) et de Caen (en 1913). Le FCR a brillé par le passé en évoluant au 1er et 2ème niveau national. Aujourd’hui, les jeunes U 19 et l’équipe première féminine sont en haut de l’affiche au niveau national. La Région leur apporte son soutien. La professionnalisation toujours plus importante du football et les besoins financiers toujours plus conséquents ont rendu la tâche plus difficile aux clubs de football français et au FCR en particulier. Le sport de haut niveau est aujourd’hui plus qu’hier une question de moyens. C’est dans ce contexte difficile que les dirigeants du FCR et de l’USQ ont souhaité mutualiser leurs moyens pour créer une nouvelle structure professionnelle.

Est-ce qu’une fusion pure et simple dans ce cadre et donc la disparition du FC Rouen du paysage du football normand et national vous semble envisageable ?

Le FCR et l’US Quevilly, hier concurrents, sont aujourd’hui partenaires. Cette entente souhaitée par les clubs eux-mêmes, favorise la mutualisation des énergies (celles des dirigeants, formateurs et bénévoles) et des moyens (ceux des partenaires publics et privés). Cette coopération intelligente permettra à l’équipe fanion de rayonner plus clairement sur la métropole rouennaise et au-delà, de mieux capter les partenaires financiers, d’améliorer la formation des jeunes et de fédérer encore plus de supporteurs.

Le FCR existe toujours. Il est soutenu par la Région depuis de nombreuses années et le sera à l’avenir en fonction des règles et barèmes identiques à tous les clubs normands.


 

Nicolas Bay (FN)

Voici nos questions :
– Comment jugez-vous la santé du football en Normandie ?
– Quels sont selon vous les actions que la région pourrait mettre en oeuvre pour améliorer la santé du football normand ?
– Que pensez-vous de la situation particulière du football à Rouen ?
– Comment jugez-vous le projet Quevilly Rouen Métropole ? Le trouvez-vous pertinent ?
Est-ce qu’une fusion pure et simple dans ce cadre et donc la disparition du FC Rouen du paysage du football normand et national vous semble envisageable ?

Merci d’avance pour vos réponses.
Elle seront publiées sur la page de la Fédération des Culs Rouges et le site federationculsrouges.fr.

La présence de la Normandie au plus haut niveau du football français demeure très fragile puisque le Stade Malherbe de Caen ne parvient à s’y maintenir que depuis 2013. Le football est aujourd’hui dominé par les sponsors et les droits commerciaux, des mannes financières gigantesques dont ne disposent pas le football normand. Cependant, nous préférerons toujours une équipe normande de milieu de tableau avec une forte identité locale plutôt qu’une équipe européenne mondialisée comme le PSG, propriété de la finance islamique qatarienne. À ce titre, la saine gestion du club par le président Fortin — industriel local de l’agroalimentaire — doit être soulignée. Un fervent public qui pavoise fièrement normand et un stade de qualité et de taille adéquate sont des signes encourageants pour cette équipe.

Le sort du plus vieux club français est bien plus délicat. Habitué à évoluer au plus haut niveau durant des années, le HAC reste figé en L2 depuis cinq ans. Pis encore, il vient d’être racheté par un industriel américain expatrié dans la cité océane, démontrant le faible intérêt des investisseurs locaux pour le club. Son identité ne semble pas être menacée puisqu’il a retrouvé récemment son logo et son maillot traditionnels, ce qui est à saluer. Néanmoins il a perdu son stade historique pour un nouvel équipement. Cette nouvelle enceinte relève pour nous d’une gabegie ridicule de la part des élus locaux : avec 25 000 places pour une affluence moyenne à 7000 spectateurs, ce sont les citoyens havrais qui subissent cet investissement à 100 millions alors que le stade Deschaseaux était amplement suffisant. L’évolution du club avec son nouveau président sera à suivre mais n’offre pour le moment pas les espoirs escomptés.

Le cas du FC Rouen a pris une tournure politique ridicule avec la fusion opérée par Frédéric Sanchez, président socialiste de la Métropole de Rouen (et maire du Petit-Quevilly, certainement un hasard…). Il s’agit d’une grave ingérence du politique dans le monde sportif qui relève d’une stratégie de communication pour le moins scandaleuse. En effet, les socialistes n’en sont pas à leur coup d’essai puisqu’ils ont récemment rebaptisé le SPO Rouen Basket en un artificiel « Rouen Métropole Basket », écrasant ainsi une identité riche de plus de 120 ans d’histoire. Ils ont fait de même avec l’équipe de Handball de Oissel avant de s’attaquer aux équipes de football locales. La Métropole de Rouen veut absorber les clubs sportifs comme elle absorbe les communes afin de détruire tout ce qui rattache ses habitants à des repères identitaires historiques concrets. C’est le cas pour le FC Rouen, club emblématique local qui a fait vibrer des générations de supporteurs, mais aussi de l’US Quevilly qui perd également son âme et son histoire dans cette fusion. Ces politiciens choisissent de sacrifier les identités propres à nos clubs sportifs en y ajoutant à tout va « Rouen Métropole » pour faire la promotion de leur jouet institutionnel. Les conséquences étaient prévisibles : le fervent public rouennais préfère suivre le FCR en DH que le QRM en CFA, un échec total.

Les socialistes ont la même vision de la démocratie tant à l’échelle politique que sportive : inexistante. Le Front National s’oppose à cette fusion forcée sans que les supporteurs n’aient été consultés, sans que leur voix n’eut été entendue.

Le Conseil régional ne dispose que de peu d’actions sur les orientations sportives, ce qui est une bonne chose lorsque des élus comme Frédéric Sanchez s’attachent à sacrifier nos clubs, mais moins lorsqu’il s’agit de véritablement les encourager. À l’image du soutien accordé aux entreprises, l’institution n’a aucun regard sur leurs stratégies et ne se borne qu’à subventionner des projets viables et cohérents. Tout politicien prétendant le contraire mentirait ouvertement. Il est peu probable de voir un investisseur milliardaire s’engager à mener un club normand en Ligue des Champions et le Conseil régional n’a pas la vocation ni les moyens d’en devenir actionnaire majoritaire, dans ces conditions l’argent public et les subventions doivent servir à l’intérêt général, donc l’intérêt de tous les supporteurs et non celui de politiciens mégalomanes. Par ailleurs, les associations de supporteurs peuvent également bénéficier de subventions régionales.

Nicolas Bay


Hervé Morin (UDI)

Comment jugez-vous la santé du football en Normandie ?
Le football est une passion normande depuis le XIXe siècle, avec un nombre très important de licenciés (environ 100 000) et de clubs dans toutes les villes et villages de Normandie. La pratique amateur du football tient une place très importante dans la région, et j’aurai à cœur de soutenir ce dynamisme et cet élan.

Pour le football professionnel, le Stade Malherbe de Caen réalise un très beau début de championnat en Ligue 1, Le Havre nous donne de l’espoir pour son maintien, quant au FC Rouen, je n’arrive pas à me résoudre à l’idée qu’il ne puisse pas redevenir le grand club qu’il était quand j’étais enfant.

Quelles sont selon vous les actions que la région pourrait mettre en œuvre pour améliorer la santé du football normand ?
Pour le football normand, comme pour les autres sports, j’ai présenté les grands axes de ma politique régionale.

Il n’y a pas aujourd’hui en Haute-Normandie de véritable politique sportive structurante. Elle repose sur une multiplication des aides qui ne peut, à elle seule, constituer une action cohérente.

Je mettrai en avant 5 grands axes :
– Premièrement, construire avec les ligues une politique permettant le développement de leur sport de la base au haut potentiel ; cette politique sera contractuelle sur une période de 3 ans avec des objectifs précis et une évaluation à la fin de la période.
– Deuxièmement, nous aiderons le sport de haut niveau et les espoirs afin de faire rayonner la Normandie et favoriser l’émergence des grandes équipes de demain.
– Troisièmement, nous élaborerons une politique de formation permettant aux petits clubs de pouvoir bénéficier d’encadrants et d’entraineurs polyvalents.
– Quatrièmement, nous élaborerons avec les villes un schéma des grands équipements permettant de répondre aux besoins des clubs et des ligues, et nous élaborerons un programme d’accueil de grandes manifestations sportives nationales, européennes et mondiales.
– Cinquièmement, nous procèderons à une simplification administrative en évitant les financements croisés : les Départements financeront les clubs locaux et les comités départementaux, la Région financera quant à elle les grands équipements, les politiques de formation, le sport de haut niveau et les politiques régionales conduites avec les ligues.

Le football normand bénéficiera de ces mesures, comme l’ensemble du mouvement sportif.

Que pensez-vous de la situation particulière du football à Rouen ? Comment jugez-vous le projet Quevilly Rouen Métropole ? Le trouvez-vous pertinent ? Est-ce qu’une fusion pure et simple dans ce cadre et donc la disparition du FC Rouen du paysage du football normand et national vous semble envisageable ?

Je me souviens encore des derbys Quevilly-Rouen avec Horlaville, c’était la grande époque ! J’ai aussi en souvenir le match Rouen-Arsenal en coupe des villes de foires… Le supporter du FCR que j’étais enfant, allant régulièrement au stade Robert Diochon avec mon père, n’arrive pas à se résoudre à l’idée qu’une grande métropole comme Rouen ne puisse pas reconstruire un grand club de Ligue 1. J’ai bien l’intention de faire en sorte que la Région participe à la réémergence d’un FCR de la grande époque. Qu’il y ait un rapprochement avec l’US Quevilly, pourquoi pas, mais cela ne peut pas signifier une disparition des Diables Rouges. Je resterai donc très vigilant sur la suite qui sera donnée à l’expérience du projet Quevilly Rouen Métropole.

Hervé Morin
L’équipe de « La Normandie conquérante »


 

P.S. : retranscription d’une discussion informelle avec Nicolas Mayer-Rossignol (Nos questions/remarques en gras)

Bonjour Mr Mayer,
J’aimerais connaitre votre position quant à l’avenir du FC Rouen (club historique de la ville) vs le projet QRM.
Etes-vous clairement favorable à une fusion en bonne et due forme ?
J’ai vu sur tendance Ouest que vous mettiez un point d’honneur à répondre au sollicitations sur les réseaux sociaux.
Merci d’avance.

Bonjour, merci pour votre message. Oui, je vous réponds personnellement. Je suis favorable à une fusion pour l’équipe élite, car il me semble que c’est le seul moyen de faire rayonner Rouen et la métropole au plus haut niveau. Bien chaleureusement à vous, NMR

Merci pour votre franchise.
Je pense que vous faites une grave erreur d’appréciation sur l’attachement des Rouennais amateurs de football pour le FCR. Il suffit de voir le faible engouement autour du QRM pour s’en persuader.
L’avenir vous donnera tord malgré tous les moyens financiers que vous mettrez en oeuvre pour que cela marche.
Il est triste que votre famille politique ait autant influé sur le destin d’un club aussi populaire que le FCR.
Le FCR ne doit pas disparaitre et il ne disparaitra pas.
M’autorisez vous de retranscrire vos propos sur la page de la Fédération des Culs Rouges ?
Bien à vous,

Bonsoir monsieur, vous pouvez naturellement retranscrire mes propos. Je comprends votre attachement au FCR. Je le suis également. Mais il me semble, peut être à tort, que deux équipes de haut niveau dans une même agglomération ne sont pas la meilleure façon de faire progresser et rayonner Rouen. Mais je suis parfaitement ouvert à la discussion sur ce sujet. Bien chaleureusement à vous, NMR

Bonjour Monsieur,
Merci pour votre réponse.
Comment expliquez-vous l’intérêt soudain de la Métropole de Rouen pour le football maintenant que le FCR est en DH ? Alors que cette même métropole n’a pas levé le petit doigt pour aider le FCR lorsqu’il était aux portes de la L2 ? Avouez que c’est troublant…
Merci d’avance de votre réponse.

Bonjour, je ne cumule aucune fonction exécutive, et donc je ne siège pas à la métropole. Je ne peux donc répondre à votre question. Néanmoins, il me semble de manière générale que la métropole a un intérêt à porter le rayonnement de son territoire à travers quelques clubs et équipes sportives qui en sont les ambassadeurs. Bien sincèrement à vous, NMR

C’est précisément le problème. Le FCR est une marque, un ambassadeur du football à Rouen. Bon nombre de fans de foot en France connaissent les diables rouges et ce qu’ils représentent dans le football français.
Pourquoi ne pas s’appuyer là dessus ? L’US Quevilly a un passé récent glorieux avec cette finale de Coupe mais l’ADN de ce club est l’amateurisme.
Le montage USQRM est totalement illisible et incompréhensible pour toutes les personnes qui suivent le football.
C’est réellement désastreux en terme d’image.
Merci.

Nous lui avons ensuite adressé les questions déjà envoyées aux autres candidats.

 

Partagez cette page...Share on FacebookTweet about this on TwitterShare on Google+Pin on PinterestShare on TumblrEmail this to someone